20 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le Paris des Veilleurs vu par un « jeune » Veilleur…

Avant de vous parler de la Veillée, je voudrais vous parler de la marche des Veilleurs, car dans la démarche de pélérinage l’important n’est pas tant le but mais le cheminement pour y arriver. Et clairement ce qui m’a donné l’envie de grossir les rangs des Veilleurs en cette belle journée du 31 août, c’est l’enthousiasme de ces gens de divers horizons, de tous les âges âges qui n’ont hésité un instant de prendre un peu de leur temps pour rejoindre cette joyeuse troupe partie à la rencontre des français, sans préjugés, sans a priori, prêts à échanger avec l’autre. Marcher c’est se dépouiller de tout pour retrouver l’essentiel.

C’est ainsi que je me retrouve en ce dernier après-midi du mois de septembre au pied de la Grande Arche. Sans connaître véritablement l’endroit, je sens l’ambiance inhabituelle. Les marches de l’esplanade accueillent déjà de nombreuses personnes qui n’ont ni l’air de touristes, ni des gens travaillant dans les tours avoisinantes et encore moins des personnes venues faire leur shopping, ils regardent au loin, direction Avenue de la Grande Armée, direction l’Arc de Triomphe et les Champs Elysées qu’ils préfigurent. A l’angle de l’Arche de nombreux fourgons sont déjà là, les CRS ont aussi répondus à l’appel. Les médias ne sont pas en restent.

Le Paris des Veilleurs vu par un

A 17:30 précise une foule envahit le parvis. Les caméras tournent les flashs crépitent.

Finalement pas de consignes de groupe mais un habile jeu de bouche à oreille pour annoncer que la marche aura bien lieu quoi qu’ait pu dire les médias mais elle devra se faire par petit groupe pour ne pas laisser prise aux procès d’intention qui voudraient faire de cette marche une manifestation, non autorisée par la Préfecture de Police de surcroît. Nous nous donnons RDV à 21:30 place de la Concorde. La nouvelle se propage comme une traînée de Poudre parmi les milliers de personnes attroupées là.

C’est donc pas loin de 8km qui nous attendent mais la bonne humeur est là et des petits groupes se forment, entre des gens qui à l’instant était complètement étranger l’un à l’autre mais qui semblent bientôt faire partie de la même famille. Les échanges s’engagent, certains agrémentent la marche de la lecture à haute voix de textes philosophiques ou entonnent des champs.

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Nous voilà bientôt Avenue de la Grande Armée, et comme un éclair surgit un cordon de police pour nous barrer la route. Il nous est donné ordre de reculer. Certains d’entre nous arguent que nous sommes libre d’aller et venir comme bon nous semble, que les lois sont les mêmes pour tout le monde. Eux répondent que la police n’a pas a se justifier. C’est une grande désillusion pour nous, ceux là même sensés être garant de nos libertés sont là devant nos yeux à les bafouer. Des passants nous témoignent de leur soutien. Malgré tout nous ne laissons pas intimider, notre but bien en tête nous empruntons les rues parallèles, nous fondant plus encore parmi la population locale.

Nous apprenons que certaines stations de métro de la plus belle avenue du monde ont été fermées par les autorités. Nous contournons les rues qui mènent à l’Arc de Triomphe puis arrivons par un passage détourné sur les Champs. Et là on se dit que plus rien ne peut nous arriver, plus rien ne peux nous arrêter. Nous retrouvons de nombreux marcheurs que l’on repère aisément parmi les touristes, le pas décidé, le regard fixe. Nous atteignons bientôt le bas de l’Avenue, nous reconnaissons le Portail de l’Élysée, derrière de nombreuses barrières gardées par des policiers. Mais c’est au niveau de la place de la Concorde que le dispositif est le plus impressionnant. Les fourgons de gendarmerie et de CRS bordent la place de toute part.

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Nous nous installons calmement, mais nous sommes bientôt encerclés par les forces de l’ordre. Un double-cordon est là pour décourager les plus intrépides. Il est demandé aux gens de partir et de revenir plus tard. Mais vu le dispositif nous préférons rester ayant trop de peur de rater cette Veillée tant attendue. Pour faire face à la lourdeur de ce face à face avec les forces de l’ordre nous entonnons calmement des chants. C’est ensuite canalisé par les gendarmes et sous l’œil des médias que nous traverserons mètre après mètre la place de la Concorde au son de l’“Espérance“. Nous sommes applaudis par certains supporters juchés sur les balcons des Tuileries.

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Après une longue attente nous nous retrouvons enfin assis au lieu de la veillée, accueilli au son de la Cornemuse. La place est verrouillée par un important dispositif policier. Une rangée de fourgons bloque l’accès depuis la place. Mais peu importe, quelles qu’aient été les intimidations, nous sommes là, en nombre, ensemble, pacifiques place de la Concorde. La Veillée peu enfin commencer: Axel commence par nous donner sa définition des Veilleurs à savoir“ des citoyens qui s’interrogent. […] Ils ne cherchent pas à manifester ou à faire pression sur un pouvoir. Ils cherchent avant tout à découvrir l’homme ! » La réflexion peut s’engager à travers des lectures sur le thème de „Mémoire et Espérance“. Comme le disais Ferdinand Foch « Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. » Nous lirons parmi d’autres Michelet, Bernanos ou Hélie de Saint Marc, hommage est fait à ce dernier qui nous a quitté quelques jours plus tôt. On retrace la vie du jeune résistant envoyé en camp de concentration, qui s’engagea dans la légion étrangère à la libération, fut plongé dans la guerre d’Indochine, participa au putsch en Algérie et fut condamné à dix ans de prison. Hélie était avant tout un homme qui s’interrogea et en cela il était un Veilleur.

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Ces interventions entremêlées de champs ou de musiques éveillent nos consciences, nous poussent à la réflexion. Moi qui n’était venu qu’en spectateur je suis conquis par l’ambiance de calme et de sérénité qui y règne qui font échos au tumulte de la journée. Le jeune Veilleur que je suis et ses 2 Veillées à son actif en revient bouleversé, il prend conscience que nos sociétés ont perdu le sens du bien commun : les valeurs, l’intemporalité ont été remplacés par l’immédiateté et le consumérisme, mais il n’est pas trop tard pour agir !

L’engagement. C’est finalement bien la finalité du grand Paris des Veilleurs. Comme le dit Axel, « Il est précieux et important que chacun d’entre nous s’engage. […] On n’est pas veilleur uniquement lors des veillées. Participer aux veilleurs n’est pas un engagement, ni une formation. On est un veilleur dans son quotidien. Engagez-vous pour les autres ! « 

Il est 1:30 après avoir entonné une nouvelle fois l’Espérance les Veilleurs repartent le cœur léger aux 4 coins de Paris, de sa région, de la France ou de l’étranger conscient de leur force de libre penseur, prêt à propager la bonne parole de retour dans leurs contrées.

N.

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